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dimanche 16 octobre 2016

LE TESTAMENT DE FLORENCE B.





C'est la toute première chasse MSN de Max Valentin sur Internet, elle fut mise en ligne début décembre 1996 et trouvée le 16 février 1997.

Elle comprenait, comme celles qui devaient suivre, une fiction destinée à « planter le décor », un visuel animé (décrit dans la fiction comme « un petit appareil muni d’anneaux tournants ») représentant un ciel nocturne dont certaines étoiles—thème récurrent de cette chasse—invitaient au clic, et enfin une « machine logique » permettant aux chasseurs de saisir leurs réponses en ligne et d’obtenir d’autres informations pour poursuivre la quête.
 Le fonctionnement de ces gadgets est expliqué par Max Valentin dans les solutions.

1. La fiction

« J’avais 22 ans lorsque je fis la connaissance de Florence B. Si je n’étais investie d’aucune mission particulière à ses côtés, je m’aperçus très vite qu’elle m’avait dévolu celle de demoiselle de compagnie. Florence estimait en effet que son statut de vedette de cinéma exigeait qu’elle fût entourée et servie par un personnel aussi pléthorique qu’inutile. Lorsqu’elle m’engagea, sa carrière était déjà bien entamée, et elle allait de succès en succès. Nous étions alors dans les années cinquante.
J’eus la chance de devenir sa confidente. Florence était une immense artiste, mais moi, je la voyais comme une adorable cabotine, capricieuse et gâtée par des courtisans plus ou moins intéressés. Je la suivais partout: sur les tournages, dans les palaces où elle avait ses habitudes; j’assistais à ses interviews, ordonnais l’agencement de ses bibis, disposais ses gerbes, lui lisais ses télégrammes, jouais au cerbère devant sa loge, triais ses prétendants et fermais la porte de sa chambre lorsqu’elle y recevait l’un ou l’autre de ses admirateurs congestionnés par l’expectative. C’est vrai, Florence tombait amoureuse en une fraction de seconde, et elle ne s’assagit que la soixantaine passée!

Bien avant de me connaître, elle eut de multiples aventures avec ses partenaires, flirta avec d’obscurs et vieillissants princes russes, entretint des idylles avec des magnats de l’industrie et de la banque puis, l’âge venant, fréquenta toutes sortes de mondains et d’artistes célèbres, et n’en regretta aucun.
Florence eut la chance inouïe de posséder une tête qui ne passa jamais de mode, et elle glissa des planches à l’écran avec un égal bonheur. Elle était belle, mais d’une beauté effacée, douce, presque invisible. Les hommes savent bien que cette beauté-là est la plus redoutable de toutes, car elle ne vous saute pas aux yeux mais vous oblige à un effort. Et lorsqu’on tentait de comprendre le pouvoir de séduction de Florence, il était trop tard : on était pris dans ses rets! Avec sa charmante figure, son port de déesse, sa culture époustouflante et son esprit (et grâce aussi à son comportement héroïque pendant la guerre), elle traversa toutes les époques et resta à l’affiche pendant soixante-douze ans. Une sorte de record mondial !

Dans ses jeunes années, sur scène, son frais minois fit frémir des milliers d’hommes murs rêvant de tendrons. Puis, les ans passant, elle se spécialisa dans les rôles de femmes fatales et, grâce au cinéma, émoustilla des générations d’adolescents boutonneux. Plus tard, elle joua les bourgeoises trompées, les femmes de colonel, les épouses de notaire. Enfin, sa faconde et le pétillement naturel de ses yeux lui procurèrent ses inoubliables rôles de grands-mères, de veuves dignes et de « matriarches claniques » comme elle se plaisait à les appeler... Dans son dernier rôle, deux ans avant sa mort, Florence prêtait ses traits à l’égérie d’un grand peintre (laquelle, dans la réalité, avait vingt ans de moins qu’elle !). Cette prouesse fut saluée par les critiques unanimes, ce qui suscita chez elle cette remarque piquante teintée de cynisme qui prouvait qu’elle avait toujours la tête sur les épaules :

— En France, ma chère Sabine, on respecte les monuments historiques !

Pendant toute la durée de son éblouissante carrière, Florence sut être présente sans être envahissante et réussit à se faire désirer sans se faire oublier. Et durant toutes ces années, je restai à ses côtés. Nous nous entendions à merveille, et notre différence d’âge ne fut jamais un handicap. Florence était une femme extraordinairement cultivée et aimait passionnément la lecture. Elle possédait une superbe collection de livres parmi lesquels figuraient, entre autres, de précieuses éditions originales de Jean de La Fontaine. Il lui arrivait de les caresser comme on caresse un animal de compagnie : avec un amour infini. Son éclectisme était sans limite. Un journaliste, admiratif, avait un jour écrit que Florence pouvait aussi bien disserter sur les films de William Wyler que sur l’œuvre de Descartes et d’Oronce Fine, ou de se livrer à une exégèse savante du travail de Pierre Soulages ! Cette étourdissante culture, aux antipodes de ce qui était la norme dans le show-business, fascinait les médias et le public, et faisait d’elle un être à part.

Ce qui alimentait encore notre complicité, c’était une passion commune, obsédante, pour les jeux de l’esprit. Tous les matins, nous nous faisions livrer deux exemplaires du même journal. Puis, à onze heures précises, se déroulait un cérémonial immuable : crayon en main, nous nous attaquions aux mots croisés. La moins rapide devait s’amender par la réalisation d’un gage loufoque. Que de fous rires dans mes souvenirs ! Je la revois, quelques jours avant sa mort, s’étranglant de rire, hoquetante.

Malgré son grand âge, Florence gardait une incroyable vivacité d’esprit et un tonus de jouvencelle :

— Si mes admirateurs me voyaient, moi, une star, hirsute, en pantoufles et robe de chambre, imitant le grognement du cochon !...

— Et alors ? répondis-je, vous avez bien le droit d’oublier le strass et le stress lorsque vous n’êtes pas devant les caméras ! Ici, nul besoin d’être une star, Florence...

Elle retrouva immédiatement son sérieux. De cette voix restée profonde et grave, et qui avait troublé des millions de spectateurs, elle dit :

— Une star, ma chère Sabine, ce n’est pas une femme, mais le pur produit d’un lavage de cerveau administré par de la pellicule et un écran ! Il y a une différence énorme entre une star et une vedette.

Une vedette, vois-tu, on ne lui pardonne pas de vieillir, elle doit rester belle... Une star, peu importe qu’elle vieillisse : elle quitte sa dimension humaine et se transforme, de son vivant, en statue. Sarah Bernhardt était une authentique star, car à la fin de sa vie, amputée, elle s’offrait le luxe de monter sur scène en claudiquant, sans se soucier de son image, et enchaînait triomphe sur triomphe, y compris à l’étranger... Mais en contrepartie de cet état quasi divin, les stars—les vraies !—doivent vivre dans le mensonge et les faux-semblants. Une star, ça ne mange pas : ça picore ! Ca ne boit pas, ça trempe ses lèvres dans le champagne ou la vodka ! Ca ne transpire pas, ça a des moiteurs ! Ca ne se marie pas, ça partage la couche d’autres stars ! Et ça ne s’extériorise pas, car rien de ce qui peut émouvoir, troubler ou amuser le commun des mortels ne peut la toucher...

“ Une star, vois-tu, a l’obligation de ne jamais rien entreprendre qui pourrait lézarder le mythe. Ce n’est pas une affaire de physique. Regarde-moi, Sabine : j’ai presque quatre-vingt dix ans, je suis une très vieille dame. Je hais les miroirs qui me renvoient une image que je ne reconnais pas, j’ai du mal à marcher, à lire, et j’ai des rhumatismes. Or, une légende, ça n’a pas d’arthrose et ça ne porte pas de lunettes ! Mais quand je mets le pied devant la porte, je provoque encore des émeutes !... Que ça me plaise ou non, je suis une star, et je dois me plier à cette exigence jusqu’à mon dernier soupir.

N’oublie jamais cela, Sabine : j’étais, suis et resterai toujours une star ! ”

Une fois par semaine, Florence et moi inventions des énigmes compliquées et les proposions à notre mutuelle sagacité. C’est sans doute grâce à cet exercice qu’elle sut garder, jusqu’à la fin, un esprit vif et alerte. J’eus une peine immense lorsqu’elle disparut. Je me consolais un peu en pensant qu’elle mourut comme elle l’avait voulu: elle s’endormit et ne se réveilla pas. Au matin, son visage était serein et calme...

Le notaire me convoqua et m’informa que Florence m’avait faite l’héritière de son hôtel particulier. Puis il me remit une enveloppe. Je l’ouvris et lus :

« Ma chère Sabine, en souvenir de nos joutes intellectuelles, je te soumets une dernière énigme. Je suis persuadée que tu en viendras à bout. Mon notaire et vieil ami, Maître Martin, a bien voulu se charger d’enterrer une bourse contenant des pièces d’or quelque part en France, dans un sol public, et sur mes indications précises. Ce sera donc mon dernier défi: trouve cette bourse et tu pourras te vanter, avec ma bénédiction, d’être plus forte que moi ! Tu as tout le temps du monde pour y arriver, mais n’oublie pas de regarder ta montre... Si tu n’y parvenais pas, tu pourras faire ce qu’il te plaira du contenu de cette enveloppe. Je t’embrasse très fort et te remercie pour ton indéfectible dévouement et ton amitié. Ta Florence, pour l’éternité. Ne sois pas triste. »

Outre cette lettre, l’enveloppe contenait des dessins de paysages, trois notes sibyllines et un bijou qui était en fait un petit appareil muni d’anneaux tournants, dont j’ignorais le fonctionnement, mais que je devinais être une sorte de calculette rudimentaire.
La première note disait :

« Après les deux premières étapes, compte un million du point le plus au nord au point le plus à l’ouest. Joins les deux châteaux pour te rapprocher du troisième. »

Un autre billet disait :

« Après avoir traversé la cité historique, arrête-toi. Je vais t’aider à voir la lumière : 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51 »

La troisième note disait :

« Pour trouver ce carrefour, pense à ce qui a été utile jusqu’ici, et tourne tes yeux vers le midi. Mais pour trouver l’eau, pense à ce qui a été inutile ! »
Je me doutais bien que ces notes étaient destinées à me mettre sur la voie... Pauvre Florence... Malgré mes efforts, je ne parvins pas à résoudre son casse-tête ! Je confiai donc le tout au fils d’un ami qui me proposait de les diffuser dans le public grâce à un système auquel je ne compris rien et qui s’appelle « Internet ». J’espère sincèrement que quelqu’un réussira à briser l’énigme de Florence B.Mais je sais aujourd’hui qu’elle était plus forte que moi...


2. Les indications supplémentaires

Une première I.S. fut diffusée le 31 décembre 1996 :

« CE N’EST PAS LE MOMENT DE LEVER LE PIED, ET ENCORE MOINS LA MAIN. »

Le 13 janvier 1997 furent diffusées les trois I.S. suivantes :

« TON CRAYON A BIEN VOYAGÉ ?... IL EST TEMPS QU’IL RENTRE AU BERCAIL. »

« POUR DÉMARRER, TU PEUX TROUVER CINQ RÉPONSES DIFFÉRENTES, MAIS TOUTES SONT EXACTES. »

« LA MACHINE EST PRÉCIEUSE, ELLE PEUT TE DONNER SIX CHOSES. »

3. Les textes des étoiles

Comme expliqué dans l’introduction, 11 étoiles du visuel tournant, plus brillantes que les autres, provoquaient, lorsqu’on cliquait sur elles, l’affichage d’un court texte permettant d’identifier une ville de France. Ces 11 villes une fois connues, le tracé des relèvements réciproques permettait de localiser approximativement le « lieu virtuel », au centre de la France, où était censé se trouver le chercheur lorsqu’il utilisait le visuel tournant. Toutefois, il s’agissait là d’une fausse piste, ce lieu étant sans intérêt pour la suite.




AzimutTexte
0Cherchez la tour du Menteur, levez les yeux sur son beffroi du XVème siècle, et visitez ses nombreux musées, parmi lesquels parmi lesquels l’un des plus beaux musées français d’art moderne.
20Par des ruelles pleines de charme, rendez-vous à la porte St Jean. Elle donne accès à une jolie promenade qui vous permettra de découvrir les toits de la ville basse.
70Sur la porte droite du portail ouest de la cathédrale de cette ville, admirez « Le séducteur et les Vierges Folles ». Ce Don Juan du XIIIème siècle tient une pomme dans sa main, et son dos est envahi par des serpents.
80Cette ville détient le record de France du nombre de musées techniques. Si l’histoire de l’industrie vous passionne, ne manquez pas ceux qui sont consacrés aux véhicules motorisés. Tous les goûts seront satisfaits !
125Prenez de l’altitude, passez la porte Pignerol, et découvrez sa vieille ville entourée de remparts. A voir : les bastions du XVIIème siècle, la Collégiale et, bien sûr, l’amusante « Grande Gargouille ».
140Jean Cocteau a décoré la salle des mariages de la mairie, et cette ville a consacré un musée au poète. Pour vous rendre à l’église Saint-Michel qui surplombe la ville, empruntez l’imposant escalier.
166« L’homme aux Rubans Noirs » revêtu d’un pourpoint gris-marron aux manches serrées aux poignets par des rubans, était-il Molière? Vous pouvez admirer cette superbe œuvre dans l’un des musées de cette ville où Paul Valéry flâna en compagnie d’André Gide et de Pierre Louÿs.
180Sa cathédrale contient un magnifique retable monumental datant d’environ 1625. Le décor de la chapelle fut financé par le chanoine Gaillard Roux en réparation des torts qu’il aurait causés à François d’Estaing, son évêque.
230Cette ville ouvre sur un abri célèbre. Les rues de la « ville d’hiver » présentent un tracé sinueux et déroutant, mais d’une étonnante efficacité contre le vent. Face à cette ville, l’Île aux Oiseaux.
260Dans cette ville, une ancienne coutellerie transformée en manufacture d’armes héberge aujourd’hui l’un des plus étonnants musées européens de l’automobile.
285Découvrez la Cohue sur le parvis de la cathédrale St Pierre, perdez-vous dans les vieilles ruelles médiévales… Cette ville conserve un chef-d’œuvre : un coffret de mariage du XIIème siècle représentant des scènes de la vie seigneuriale.

4. Les solutions

Le texte qui suit est la transcription exacte des solutions publiées par Max Valentin sur le site MSN après la découverte du trésor le 16 février 1997. Les images ont été ajoutées par mes soins.
La solution du « Testament de Florence B. » est décomposée en six étapes.

1ère étape :

La première impression que les joueurs ont pu avoir en découvrant « Le Testament de Florence B. », c’est d’être à l’intérieur d’une entité panoramique de 360 degrés dont le centre (l’endroit virtuel où le joueur se trouve lorsqu’il fait défiler le visuel) serait la localisation du trésor. Mais c’était là une solution bien trop évidente pour être retenue.
En cliquant sur les étoiles du visuel, le joueur obtenait des définitions concernant 11 villes de France qu’il devait identifier :

Sa cathédrale contient un magnifique retable monumental datant d’environ 1625. Le décor de la chapelle fut financé par le chanoine Gaillard Roux en réparation des torts qu’il aurait causés à François d’Estaing, son évêque. Rodez.

Par des ruelles pleines de charme, rendez vous à la porte St Jean. Elle donne accès à une jolie promenade qui vous permettra de découvrir les toits de la ville basse. Château-Thierry.

Prenez de l’altitude, passez la porte Pignerol, et découvrez sa vieille ville entourée de remparts. A voir: les bastions du XVIIème siècle, la Collégiale et, bien sûr, l’amusante « Grande Gargouille ». Briançon.

Dans cette ville, une ancienne coutellerie transformée en manufacture d’armes héberge aujourd’hui l’un des plus étonnants musées européens de l’automobile. Châtellerault.

Cette ville détient le record de France du nombre de musées techniques. Si l’histoire de l’industrie vous passionne, ne manquez pas ceux qui sont consacrés aux véhicules motorisés. Tous les goûts seront satisfaits ! Mulhouse.

Cherchez la Tour du Menteur, levez-les yeux sur son beffroi du XVème siècle, et visitez ses nombreux musées, parmi lesquels l’un des plus beaux musées français d’art moderne. Dunkerque.

Découvrez la Cohue sur le parvis de la cathédrale St Pierre, perdez-vous dans les vieilles ruelles médiévales... Cette ville conserve un chef-d’œuvre : un coffret de mariage du XIIème siècle représentant des scènes de la vie seigneuriale. Vannes.

Cette ville ouvre sur un abri célèbre. Les rues de la « ville d’hiver » présentent un tracé sinueux et déroutant, mais d’une étonnante efficacité contre le vent. Face à cette ville, l’Île aux Oiseaux. Arcachon.

« L’homme aux Rubans Noirs » revêtu d’un pourpoint gris-marron aux manches serrées aux poignets par des rubans, était-il Molière ? Vous pouvez admirer cette superbe œuvre dans l’un des musées de cette ville où Paul Valéry flâna en compagnie d’André Gide et de Pierre Louÿs. Montpellier.

Jean Cocteau a décoré la salle des mariages de la mairie, et cette ville a consacré un musée au poète. Pour vous rendre à l’église Saint-Michel qui surplombe la ville, empruntez l’imposant escalier. Menton.

Sur la porte droite du portail ouest de la cathédrale de cette ville, admirez « le Séducteur et les Vierges folles ». Ce Don Juan de la fin du XIIIème siècle tient une pomme dans sa main, et son dos est envahi par des serpents. Strasbourg.

La question se posait alors de savoir quoi faire de ces 11 villes... Très vite, les joueurs ont découvert que la machine à écrire acceptait 6 données, et non pas 11. Il fallait donc introduire dans cette machine 6 noms de villes. Mais lesquels ? Le joueur aurait pu être tenté de procéder par tâtonnements et essais, mais le nombre de combinaisons à tester vouait la tentative à l’échec.
C’est l’histoire de Florence B. qui lui fournissait l’indice déterminant. Le texte disait en effet : « Elle possédait une superbe collection de livres, parmi lesquels figuraient (...) de précieuses éditions originales de Jean de La Fontaine. (...) Un journaliste, admiratif, avait un jour écrit que Florence pouvait aussi bien disserter sur les films de William Wyler que sur l’œuvre de Descartes et d’Oronce Fine, ou de se livrer à une exégèse savante du travail de Pierre Soulages. »


Ces 5 personnages permettaient d’isoler 5 villes, qui sont leurs lieux de naissance : Château-Thierry pour Jean de La Fontaine, Mulhouse pour le cinéaste William Wyler (de son vrai nom Camill Wyler), Châtellerault pour Descartes, Briançon pour Oronce Fine et Rodez pour le peintre Soulages. À noter : il y a contestation à propos du lieu de naissance de Descartes, puisque la ville de La Haye-Descartes revendique sa naissance sur le territoire de la commune. C’est historiquement faux : le père de Descartes était originaire de Châtellerault et sa mère de la Haye. Cette dernière, arrivée à terme en mars 1590, et voulant se rendre de Châtellerault à la Haye, accoucha dans un fossé poitevin (donc du côté de Châtellerault), en bordure d’un pré appelé « le pré Falot » lequel, lui, se trouve effectivement en Touraine (donc du côté de la Haye). Mais toujours est-il que Descartes est bel et bien né dans le Poitou ! En revanche, il est exact qu’il fut baptisé à la Haye et qu’il y habita.
Dès lors, le joueur possédait 5 villes... mais la machine en voulait 6 ! Pour venir à bout de ce dilemme, il fallait se souvenir que Florence B insistait lourdement sur sa qualité de « star » (étoile), recommandant à Sabine de « ne jamais oublier qu’elle était une star ». C’était un indice important. De plus, le visuel invitait, lui aussi, à cliquer sur des étoiles.
À partir de cette constatation, le joueur devait se servir des 5 villes pour tracer une étoile à 5 branches sur une carte, ce qui lui imposait bien sûr de réutiliser l’une des villes deux fois (une fois comme point de départ de son tracé, et une fois comme point d’arrivée), et, par conséquent, d’entrer six données dans la machine.

Il pouvait bien sûr commencer par n’importe laquelle de ces 5 communes, mais à condition que l’ordonnancement choisi forme une étoile, la machine lui retournait des codes différents mais qui, une fois décryptés, lui permettaient d’obtenir dans tous les cas une seule et même phrase (voir plus loin).

Ces codes étaient :

41, 4, 47, 12, 1, 48, 28, 52, 43, 38 15, 51, 38, 17, 45, 19 pour Rodez, Château Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez.

22, 45, 28, 19, 2, 33, 6, 45, 15, 41, 3, 32, 19, 2, 55, 48 pour Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château Thierry, Briançon.

49, 8, 7, 46, 9, 40, 14, 56, 3, 46, 23, 11, 54, 9, 53, 27 pour Mulhouse, Rodez, Château-Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse.

36, 47, 42, 41, 12, 5, 49, 11, 38, 7, 58, 46, 55, 31, 21, 62 pour Château-Thierry, Briançon, Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château-Thierry.

14, 53, 20, 59, 9, 5, 46, 31, 6, 15, 36, 24, 59, 9, 23, 40 pour Châtellerault, Mulhouse, Rodez, Château-Thierry, Briançon, Châtellerault.

 
2ème étape :

 Ces nombres représentaient la place occupée par chaque caractère dans la liste des villes servant de code. Par exemple, pour le premier exemple Rodez, Château Thierry, etc., le premier nombre est « 41 » : en 41ème position de la liste de ces villes, on trouve la lettre « M ». La première lettre de la phrase à reconstituer était donc un « M », suivie de la 4ème lettre, c’est-à-dire le « E », etc...
Une fois entièrement reconstituée, cette phrase fournissait l’étalon de mesure à adopter pour la suite du jeu, soit: « MESURE CELUI DU ROY » (pied du roi = 0,325 m. Roi = allusion à Louis XIV = Versailles = Roi Soleil = Soleil = étoile = star : voir plus loin.)

Six autres villes étaient présentes sur l’écran, mais aucune allusion n’en était faite dans l’histoire: Dunkerque, Vannes, Arcachon, Montpellier, Menton et Strasbourg. Elles servaient de code final (voir plus loin).

3ème étape :

Cette 3ème étape se résolvait grâce à la note dont il est fait mention dans l’histoire : « APRÈS LES DEUX PREMIÈRES ÉTAPES, COMPTE UN MILLION DU POINT LE PLUS AU NORD AU POINT LE PLUS À L’OUEST. JOINS LES DEUX CHÂTEAUX POUR TE RAPPROCHER DU 3EME.»

« Les deux premières étapes » étaient bien sûr celles qui ont été décrites précédemment, et non pas des étapes d’un parcours géographique. « Compte un million du point le plus au nord au point le plus à l’ouest » : « un million » représente un million de fois un pied du roi de 32,5 cm, soit 325 km, distance entre Château Thierry (« château » le plus au nord) et Châtellerault (« château » le plus à l’ouest). « Pour te rapprocher du 3ème » : pour se rapprocher de Versailles.


4ème étape :

Cette 4ème étape se résolvait grâce à la deuxième note dont il était fait mention dans la fiction : « APRÈS AVOIR TRAVERSÉ LA CITÉ HISTORIQUE, ARRÊTE-TOI. JE VAIS T’AIDER À VOIR LA LUMIÈRE: 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51 ».

La « cité historique » était Orléans, traversée en plein milieu par la droite Châtellerault-Château-Thierry. « Voir la lumière » était une allusion directe à Versailles (le Roi Soleil). Grâce au code déjà utilisé précédemment (voir « 2ème étape »), les chiffres 3, 22, 1, 52, 25, 9, 15, 2, 27, 27, 26, 49, 51, une fois décryptés, signifiaient « DIRECTION NORD ».

L’étoile à utiliser pour ce décryptage était celle dont le tracé commence par Rodez, car la plupart des gens tracent les étoiles à 5 branches en commençant par le bas. En l’occurrence, c’est d’ailleurs ce qu’a fait la quasi totalité des joueurs. Ceux qui ont commencé par une autre ville ont pu éprouver des difficultés à ce niveau, et, après avoir fait des essais, certains ont du ré-agencer leur ordre des villes.

À ce stade, le joueur savait qu’il devait quitter l’axe Châtellerault-Château-Thierry à la « sortie » d’Orléans, et se diriger vers le nord. A moins d’avoir compris que sa destination était Versailles, il ne savait pas jusqu’où aller, même si, à ce niveau du jeu, les allusions à Versailles étaient déjà assez nombreuses. Il lui fallait alors découvrir où le jeu aboutissait à partir de là.

C’est la 5ème énigme qui lui apportait la réponse.

5ème étape :

 Cette 5ème étape se résolvait grâce à la troisième note dont il était fait mention dans la fiction.

« POUR TROUVER CE CARREFOUR, PENSE À CE QUI A ÉTÉ UTILE JUSQU’ICI, ET TOURNE TES YEUX VERS LE MIDI. MAIS POUR TROUVER L’EAU, PENSE A CE QUI A ÉTÉ INUTILE. »

Le carrefour Étoile royale sur la carte IGN 2214ET

Vue aérienne du carrefour l'Étoile royale


Le joueur pouvait se servir à ce stade d’une carte IGN 2214ET, mais ce n’était pas indispensable. Idéalement, il devait repérer « le carrefour » soit « l’Étoile Royale » dans le parc du château de Versailles (« Étoile » = ce qui lui a servi pour arriver jusqu’ici), puis il devait comprendre que la suite se déroulait en direction du sud (le midi) par rapport au château de Versailles.

Toutefois, s’il ignorait l’existence de l’Étoile Royale dans le parc du château, il pouvait tout aussi bien continuer le jeu en prenant comme point de départ le château de Versailles, dans son ensemble.
« Trouver l’eau »: l’aqueduc de Buc, qui amenait l’eau à Versailles. Long de 580 mètres, il a été construit entre 1684 et 1686.

Il se compose de 2 étages dont la moitié inférieure est enterrée dans le remblai de la route Versailles/Toussus-le-Noble. L’étage visible se compose de 19 arcades de 9 mètres d’ouverture et 21 mètres de haut. « Ce qui a été inutile » (les 6 villes qui n’ont pas encore servi) seront nécessaires dans la dernière énigme.


6ème étape :

 Cette 6ème et dernière étape se résolvait grâce aux 6 villes non encore utilisées :

 Dunkerque, Vannes, Arcachon, Montpellier, Menton et Strasbourg.

Là, le chercheur devait tâtonner un peu s’il n’avait pas le bon ordre. Ce bon ordre était suggéré par la phrase « mais n’oublie pas de regarder ta montre »: il lui fallait en effet agencer ces villes dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. De toutes façons, il n’y avait là que deux possibilités, et après avoir éliminé la première (dans le sens des aiguilles d’une montre), le joueur découvrait que la deuxième lui donnait un résultat cohérent.

Ce résultat s’obtenait en tapant le nom des villes dans la machine, laquelle retournait alors les chiffres suivants:

20, 21, 36, 43, 18, 21, 5, 1, 22, 48, 10, 29, 23, 44, 32, 38, 31, 9, 44, 2, 10, 11, 16, 8, 46, 22, 48, 38, 27, 39, 48, 6, 40, 5, 19, 50, 16, 48, 20, 21, 29, 27, 22, 2, 49, 40, 33, 11, 1, 34, 47, 32, 38, 36, 18, 21, 36, 6, 20, 21, 5, 30, 36, 42, 43, 22, 48, 17, 5, 42, 25, 48, 43, 13, 29, 27, 39, 32, 9, 42, 43, 36, 50, 16, 17, 1, 33, 31, 14, 41, 14, 15, 17, 11, 18, 32, 23, 36 15, 41, 22, 40, 27, 1, 39, 43, 5, 33, 41.


Ces chiffres se décodaient grâce au code déjà utilisé précédemment (voir « 2ème étape »). Une fois décryptés, ils signifient :

« CHERCHE D’OU VENAIT L’EAU. VA AU BOUT, TOURNE A GAUCHE, TOURNE A DROITE, CHERCHE LE TROU. RETOURNE-TOI ET REGARDE-LE. SES RACINES SONT DORÉES. »

« Cherche d’où venait l’eau » faisait référence à l’aqueduc de Buc (voir ci-dessus). À l’extrémité de cet aqueduc, sur la gauche, un chemin longe la forêt. Le chercheur devait l’emprunter, puis tourner à droite et remonter le chemin en pente entre les parcelles 88 et 89 de la forêt domaniale de Versailles, jusqu’à l’emplacement d’un trou rectangulaire aux parois empierrées, au bord du chemin, sur le côté droit. Face à ce trou, de l’autre côté du chemin, se trouve un arbre. Le trésor était caché dans une cavité entre ses racines (du côté opposé au chemin).

Pour le lancement de la première chasse de Max Valentin sur internet, je trouve amusant de rapprocher le nom "Arcades de Buc" de la zone finale avec ce nouveau support des chasses MSN...

La zone finale sur la carte IGN 2214ET



Vue aérienne de la zone finale

Selon Monglane, Max Valentin a fait ici une flagrante entorse (la seule connue à ce jour...) au principe de cohérence interne des chasses au trésor. En effet, les personnages cités ci-dessus ont une importance capitale pour la suite :

Sans eux, impossible de décrypter l’énigme. Or, c’est Sabine, la narratrice, qui les cite presque au hasard... Sabine, qui est censée ignorer leur importance puisqu’elle n’a pas pu résoudre l’énigme elle-même ! Pourquoi cite-t-elle justement, précisément, les éditions originales de La Fontaine ? Florence B. n’avait-elle pas d’autres livres précieux ? Et pourquoi se rappelle-t-elle, précisément, de cet article publié « un jour » par un journaliste... parmi les centaines d’articles écrits sur Florence B. ? On comprend bien que Max devait placer ces indices indispensables pour la suite, mais les faire naître ainsi, côte à côte, sous la plume d’une ex-dame de compagnie qui ignorait tout de la solution, est par trop invraisemblable.


Certaines informations sont issues des archives MSN de Monglane : http://monglane.a2co.org/archives_chasses_msn_flo_b.htm 




La dernière chasse MSN intitulée "Le Défi" est en projet ici => KICKSTARTER

Une chance sans doute pour les chercheurs de la chouette d'or d'en savoir un peu plus sur les méthodes de cryptage de Max Valentin à moins de 2 jours de la fin du projet qui n'a pas encore abouti.


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samedi 15 octobre 2016

UN TRÉSOR VENU DU FUTUR






Cette quatrième et dernière chasse MSN diffusée en 1997 plonge le chercheur dans un contexte futuriste et de science-fiction par l’utilisation du voyage dans le temps.

Le héros, étant américain s’exprime tout naturellement dans sa langue, Max Valentin a donc corsé le jeu en utilisant l’anglais pour les réponses intermédiaires à fournir par les joueurs et pour le crypto final...



Source image : Guillaume Leroyer


1. La fiction

Je n'ai rien contre la Fédération Européenne. Mais fallait-il réellement mener cette expérience depuis l'ancien territoire français sous prétexte que le père du système D-RM était originaire de ce pays ?... Les descendants des Gaulois ne changeront jamais : assoiffés de prestige et obnubilés par leur génie, fut-ce au prix d'artifices dont personne ne saurait être dupe !

Chacun se souviendra qu'en 2076, le physicien européen Yves Léontin avait publié les bases de son invention, la dé-restructuration moléculaire (D-RM) que nous autres, aux EUNCA (Etats-Unis Nord et Centre-américains), appelons « Molecular Pendulum » (ou MPM). Il ne viendrait à quiconque l'idée d'en dénier la paternité au professeur Léontin... Mais chacun sait aussi que cette invention a été financée, mise au point et construite avec des capitaux réunis par notre Fédération, et non par les Européens. Si ces derniers possédaient sans doute la puissance technologique nécessaire pour la réaliser, cette idée, sans notre muscle financier, serait restée longtemps encore dans les mémoires informatiques archivées sans suite, à la mort de son inventeur.

Bref, sur l'insistance des Européens —et pour des raisons politiques étrangères à tout esprit scientifique— il fallut transporter le matériel de base, la capsule Ulysses entièrement démontée, les techniciens et toute la logistique sur le territoire de la province européenne de France. Tout ceci, afin de présenter la première expérience humaine du MPM comme un hommage posthume au professeur Léontin et à son équipe ! Un choix qui se révéla catastrophique et un hommage qui coûta fort cher...

Après les premières expériences consistant à déstructurer les molécules de quelques corps solides simples —morceaux de bois, de métal et de matières synthétiques—, à les faire voyager dans le temps, à les rappeler et à les restructurer pour leur redonner leur forme initiale (une routine permettant de régler les appareils), nous avons procédé au premier test sur l'animal. C'était le mardi 21 mai 2115. Comme chacun sait, le « pionnier chrononaute » fut un chat de gouttière gris, sans nom, qui fut rétro-expédié soixante-cinq ans dans le passé, en l'an 2050, et qui en revint deux heures plus tard sans présenter le moindre trouble.

L'animal fut soumis à une batterie de tests médicaux qui confirmèrent son excellent état de santé. Il fut couvert de caresses, puis relâché quelques jours plus tard dans le jardin du laboratoire, affublé du nom de « Colombus ». Nous nous livrâmes ensuite à des expériences de plus en plus longues sur des poulets, des moutons et même des poissons. Tout fonctionna à la perfection, et ces braves bestioles revinrent au 22ème siècle apparemment ravies de leur voyage dans le temps.

Fort de ces succès, on décida de passer enfin à l'expérimentation humaine, moment que le monde entier attendait avec l'impatience que l'on devine. Le premier chrononaute humain devait en effet se livrer à une activité interdite et impossible aux animaux : sortir de la capsule et faire quelques pas... A l'aide de documents d'époque, on isola un endroit désert au fin fond d'un minuscule vallon alpin, afin que la matérialisation de la capsule n'attire pas l'attention des curieux.

L'honneur de ce premier voyage d'une heure échut à Winston Burrel, un colosse jovial de quarante-deux ans. La capsule se dématérialisa sur son socle le lundi 2 septembre 2115 à seize heures trente précises, pour un voyage dont la destination était le 1er janvier de l'an 2000 à quatre heures du matin. Au grand soulagement des scientifiques présents dans la salle de commande, tout se passa à merveille. Burrel fut rappelé une heure plus tard, se soumit au debriefing puis aux contrôles médicaux. Durant les semaines qui suivirent, il entreprit une tournée triomphale autour du monde et fut partout fêté en héros.

Six mois après ce voyage historique dans le temps, Burrel céda la place à Joe "Chubby" Galliano, trente-six ans, biologiste respecté doublé d'un athlète parfaitement entraîné, malgré une stature toute en rondeurs. C'était le meilleur chrononaute de l'équipe, et il avait raflé un maximum de points lors des tests d'aptitude. Il venait de l'AMES (Agence Mondiale pour l'Exploration Spatiale) où il avait fait une brillante carrière de pilote. Sa fascination pour les choses de l'espace et l'histoire de ses grandes figures n'avait d'égal que celle qu'il éprouvait pour le 19ème siècle : Galliano parlait à la perfection le vieux français de cette époque, et en était devenu un spécialiste incontesté.

Joe Galliano fêtait son anniversaire en famille à Seattle, lorsque le directeur de Projet l'appela en urgence sur son intercom. En apprenant qu'on lui proposait de réaliser son rêve le plus cher, une mission MPM, Galliano n'hésita pas une seconde. Il embrassa sa femme et ses deux enfants, sauta dans une navette orbitale, et arriva sur le sol français deux heures plus tard. Il prit le temps de déposer ses bagages dans le luxueux globe de séjour mis à sa disposition à proximité immédiate du laboratoire, puis fonça au Bureau Stratégique. Là, on lui annonça que sa rétro-expédition aurait lieu une semaine plus tard. Destination : le 11 mai de l'an 1825, soit un saut arrière de près de trois siècles !

La capsule Ulysses devait se matérialiser en un endroit isolé d'une forêt angevine (une région de l'ancienne France), à trois heures du matin. Le séjour de Galliano était prévu pour durer un jour plein pendant lequel il aurait mission de se mêler à la population, et de faire des prélèvements d'air et d'eau à l'aide d'un métanalyseur de poche. On lui confectionna des vêtements copiés sur ceux que l'on portait au 19ème siècle dans les campagnes angevines, et il reçut son lot de vaccins par vaporisations transdermiques à haute vélocité destinées à le protéger contre des maladies non encore éradiqués au XIXe siècle, en particulier le typhus et le choléra.

Comme il fut impossible —sauf à piller quelques musées— de réunir assez de billets de banque d'époque pour lui composer son pécule, on lui remit soixante pièces d'or dont il devait mettre un maximum en circulation pendant son séjour. Ces pièces avaient en effet subi un traitement spécial d'un coût faramineux, représentant le quart de l'investissement total de la mission. Ce procédé devait permettre leur identification dans le futur si, d'aventure, elles traversaient les âges jusqu'au jour où l'on serait capable de les déceler et de les récupérer ; et elles révéleraient alors entre quelles mains elles avaient circulé. Aussi, afin que cette importante expérience scientifique soit valide, Galliano devait-il soigneusement inscrire sur son mémotex les circonstances et les lieux dans lesquels il diffuserait ces pièces. Le pauvre chrononaute, quant à lui, se demandait tout simplement comment on pouvait écouler une telle quantité d'or en vingt-quatre heures sans attirer l'attention et sans se la faire dérober. Cette perspective, d'ailleurs, lui donnait froid dans le dos ! Il passa ses dernières heures de répit à compulser des banques de données historiques et à afficher des cartes géographiques du XIXe siècle qu'il compara, sur l'écran relief de son visiomur, avec des vues satellitaires contemporaines.

Enfin, ce samedi tant attendu, les responsables des opérations s'installèrent dans la salle de commande. Tous cachaient, sous les rires provoqués par l'accoutrement désuet du chrononaute, une sourde angoisse. Joe Galliano, très décontracté, fit un signe de la main et monta dans sa capsule. On alluma les écrans de contrôle. Dix minutes plus tard, les processeurs multitâches lancèrent les ultimes procédures automatiques, et, à la seconde prévue, la capsule disparut de son socle d'envoi. La salle trembla sous les applaudissements et les manifestations d'auto-congratulations.

Le lendemain, à l'heure prévue pour le retour de la capsule, tous les techniciens étaient à leur poste. La nervosité était à son comble, elle était palpable dans l'atmosphère. Dans son for intérieur, chacun se demandait si cette expérience avait vraiment été raisonnable ; si l'on n'avait pas sacrifié certains détails, négligé certaines vérifications au profit d'un résultat spectaculaire et immédiat. Mais il était maintenant trop tard pour avoir des regrets ou des remords, et chacun se donna bonne conscience en se disant que ce genre de scrupules avait été la norme à chaque avancée technologique majeure de l'humanité.
Soudain, sur un signe du directeur d'opérations, le silence se fit, et l'on entendit la voix du compte à rebours. Arrivé à zéro, sans aucune intervention humaine, la capsule Ulysses réapparut comme par enchantement sur son socle.

Immédiatement, pourtant, chacun put voir que quelque chose clochait. Sur le côté de l'appareil, le métal portait une longue et profonde estafilade, et son palpeur-analyseur était à moitié arraché de son support. Sur l'arrière de la capsule, le module énergétique avait également été très sérieusement endommagé ; des fils en pendaient comme une natte mal tressée. C'était un véritable miracle d'avoir pu récupérer l'engin... Mais tout cela, chacun l'enregistra en une fraction de seconde. Tous n'avaient d'yeux que pour le sas de la capsule, lequel portait lui aussi des traces de coups furieux. Un technicien se précipita, débloqua la porte et l'ouvrit. Le siège du chrononaute était vide.

Sur le sol de la cabine, on trouva le petit métanalyseur de Galliano ainsi que son mémotex. Quelqu'un l'alluma, introduisit le code d'accès du chrononaute, puis son mot de passe. Sur l'écran de l'appareil s'afficha alors un message qui fut soumis à un décodeur. Une seconde plus tard, chacun put prendre connaissance de ce qui s'était passé : Galliano avait été poursuivi par des individus qui en voulaient à ses pièces d'or. Il avait réussi à les cacher, et en précisait l'endroit exact. Le chrononaute espérait échapper à ses poursuivants, récupérer l'or et remonter dans sa capsule quelques secondes avant le départ de celle-ci pour le 22ème siècle. En attendant le rappel de la capsule, Galliano, traqué, se dissimulait dans la forêt...

Les premiers cris et mouvements de panique firent place aux considérations techniques de la cellule de crise réunie au grand complet. Très vite, on s'aperçut que la capsule Ulysses avait été endommagée par des coups violents portés volontairement. Et on se rendit compte que l'on avait commis une grave erreur en ne prévoyant pas de capsule de secours.

Le public fut informé de l'échec de la mission par le canal holographique d'information générale, et se résigna petit à petit à la disparition de Joe Galliano. Le Fonds International pour la Recherche Avancée coupa les crédits au projet MPM, lequel fut abandonné sine die. Les plus optimistes pensaient que Galliano errait dans un siècle qui n'était pas le sien, et espéraient malgré tout que ses connaissances et son goût pour cette époque lui permettraient de s'intégrer et de se refaire une nouvelle vie ; ou qu'un jour, avec de nouveaux crédits, les scientifiques parviendraient à le récupérer... Les plus pessimistes, quant à eux, considéraient que les dégâts subis par la capsule ne laissaient aucun doute : Galliano avait été pris à partie par les témoins de sa matérialisation, et il était mort.

Quelques mois plus tard, un jeune documentaliste, se connectant sur une électro-médiathèque consacrée à l'histoire de la presse française, retrouva dans ses archives, digitalisées au début du 21ème siècle, le fac-similé d'une gazette angevine datée de mai 1825. Sur son visiomur apparut l'article suivant :


« Mystérieux incident à Baugé.

Il y a quelques jours, un chemineau se présenta dans une auberge des environs de Baugé et après s'y être restauré, prétendit régler ses modestes libations à l'aide... d'une pièce d'or ! L'aubergiste, méfiant, examina la pièce et s'aperçut avec quelque étonnement qu'elle portait la date "1861", et était marquée "Napoléon III Empereur" et "Empire français" ! Il somma l'homme de s'expliquer sur la provenance de cette pièce fantaisiste, et traita l'individu de vil provocateur.

L'homme pria l'aubergiste de lui rendre sa pièce, la regarda comme s'il la découvrait pour la première fois, feignit l'étonnement, puis se rua vers la porte. Il fut poursuivi par cinq gaillards dont l'un s'était muni d'un gourdin et un autre d'un manche de pioche. Après avoir perdu sa trace pendant près d'une heure dans les taillis de la forêt proche, ils parvinrent à le retrouver et le traquèrent jusque dans une clairière où se dressait une sorte de petit cabanon métallique de forme étrange, muni d'une porte mais dépourvu de fenêtres.

Se voyant cerné, et comprenant qu'il n'aurait pas le temps de s'y barricader, l'homme lança deux objets à l'intérieur de ce refuge et en claqua l'huis. Il était vigoureux, mais malgré sa violente résistance, il fut saisit au collet et fouillé. On ne trouva sur lui ni papiers ni la fameuse pièce d'or. Pendant que trois témoins s'assuraient de sa personne pour le ramener à Baugé, les deux autres tentèrent de forcer la porte de l'abri métallique, laquelle s'avéra d'une phénoménale solidité. Leurs efforts furent vains, et ils l'abandonnèrent pour rejoindre leurs compagnons.

C'est alors que le mystérieux inconnu tenta à nouveau de se défaire de l'étreinte de ses gardiens. Hélas pour lui, ses mains avaient été liées dans son dos et, dans sa course, il trébucha. Sa tête porta lourdement sur l'arête vive d'une pierre, et l'infortuné quidam fut tué sur le coup, le crâne fendu.

Le plus étrange, c'est le sort de l'abri métallique. En effet, deux des protagonistes de cette triste affaire, Louis Piquet, charron de son état, et Eugène Carnut, cultivateur, retournèrent sur les lieux le lendemain à l'aube, en compagnie de quelques amis, tous munis d'outils solides. Quelle ne fut leur déconvenue en constatant que l'objet avait disparu durant la nuit ! Seule une empreinte marquait encore profondément les mousses et les herbes de la clairière. D'après ces témoins, la chose qu'ils avaient vainement tenté d'ébranler le jour précédent, quoique de dimensions modestes, pesait sans nul doute plusieurs milliers de livres. Ils affirmèrent qu'une trace aurait été laissée dans la végétation si ce singulier cabanon avait été déplacé pendant la nuit. Or aucun signe de ripage ou de halage ne put être décelé. On se perd en conjectures ! »



2. Les solutions officielles



Le visuel interactif apparaissant sur le site MSN (l’équivalent, par exemple, de la « machine logique » du Trésor de Floence B.), était cette fois le « memotex » du héros Joe Galliano. C’est ce visuel qui, après saisie de l'identifiant et du mot de passe corrects, fournissait au joueur le dernier crypto.


Ce mémotex - le récit nous l’apprend - devait être doublement activé : une première fois par le code d’accès de Joe Galliano, une deuxième fois par son mot de passe.

1 - Le code d’accès.

L’écran affichait un pictogramme représentant une clé suivie d’un point d’interrogation. Le tout clignotait. Le joueur devait comprendre qu’il fallait taper le code d’accès de Galliano afin d’activer le mémotex.

Ce code d’accès était sa date de naissance. Elle devait être déduite en rassemblant certains détails épars fournis par le récit : Galliano entra en fonctions 6 mois après le voyage de Burrel, voyage qui eut lieu le 2 septembre 2115. Donc Galliano entra forcément en activité début mars 2116, et on sait qu’il était à ce moment-là âgé de 36 ans. On sait aussi qu’il avait fêté son anniversaire à Seattle, et était arrivé en France le jour-même. On lui apprit que son voyage aurait lieu « dans une semaine », puis on découvrait que ce départ était un samedi. Or, l’an 2116 est une année bissextile. Par conséquent, ayant fêté son 36ème anniversaire une semaine avant son départ (c’est-à- dire le samedi 29 février), sa date de naissance était donc le 29 février 2080. Galliano étant nord-américain, il fallait taper cette date « à l’américaine », en commençant par le mois, puis le jour, et enfin l’année, soit « 02292080 ». (L’écran du mémotex pouvait recevoir 8 signes.)


2 - Le mot de passe.

Si ce code d’accès était bon, un autre message s’affichait et clignotait, le mot : «Code ?». Il fallait introduire le mot de passe dans la machine. Pour trouver ce mot de passe, le joueur devait se souvenir que Galliano était un admirateur des astronautes des 20ème et 21ème siècles (les «grandes figures»). Par conséquent, il semblait évident qu’il choisisse, comme mot de passe, le nom du plus célèbre des cosmonautes, Youri Gagarine. Mais une fois de plus, le joueur devait taper ce nom « à l’américaine », soit « Gagarin » et non pas « Gagarine ».

Le mémotex, là aussi, devait pouvoir recevoir 8 signes. Mais comme le mot « Gagarin » n’en contient que 7, l’appareil acceptait aussi bien « [espace]Gagarin » que « Gagarin[espace]». Une fois ce mot de passe introduit dans la machine, le joueur obtenait un texte crypté. C’est ce message qu’il fallait décoder, et qui donnait la localisation de la cache:

2(-#~{5-~{§2-5~2(-~@[&<~)[:94~]62~:~4+-{5~2(-#~+[9’2~@-
2~2(-\.~:’&&~25#~2[~@[~]{)1~2[~2(-~4(:3~{9<~&[)1~\#~\-
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~2[\[55[+~9:@(2~{9<~25#~2[~86\3~[9~][{5<~8642~]-§[5-~2{1-
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~63.~:~({>-~(:<<-9~2(-~@[&<~)[:94~:9~2(-~+[[<4~[§~)({9<-
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9~25--.~2(:4~25--~42{9<4~[9~2(-~5:@(2~({9<~4:<-
~[§~{~3{2(+{#~&-{<:9@~§5[\~2(-~){55-§[65~<6~5[:~5-9-~2[~2(-
~){55-§[65~9{3[&-[9,~{~§-+~42-34~{+{#~§5[\~2(-~){55-
§[65~<6~5[:~5-9-.~#[6~){9’2~\:44~:2.~2(-5-
~:4~{~\[5[9~{\[9@42~#[6~{9<~:§~:~{\~426)1~(-5-~:2’4~]-){64-
~[§~(:\.~)(6]]#.

La méthode de décryptage de ce message est fondée sur la déduction linguistique et les occurrences alphabétiques. Elle a été décrite dans un grand nombre d’ouvrages. D’aspect hermétique —voire rébarbatif— un texte ainsi codé est pourtant très facile à décrypter. Ainsi, la première chose dont il faut se souvenir pour réussir ce décryptage, c’est que son auteur, Joe Galliano, était originaire des EUNCA (Etats-Unis Nord et Centre-américains). Il parlait donc l’anglais. Ceci est d’ailleurs confirmé par son surnom « Chubby ». À partir de là, il semble raisonnable de chercher, à la fin du texte crypté, si on n’y trouvait pas des signes susceptibles de représenter les caractères d’une signature : soit Joe (trois signes), soit « Joe Galliano » (douze signes, avec l’espace entre le prénom et le nom), soit six signes pour « Chubby ».

Effectivement, on y trouve six signes qui sont « )(6]]# », avec une répétition du signe « ] » pouvant signifier deux « b ». On peut donc, sans risque de se tromper, estimer que « ) » correspond à « c »,« ( » à « h », « 6 » à « u », « ] » à « b » (deux fois) et « # » à « y ». En relevant chaque occurrence de ces signes dans le texte, et en les remplaçant par les lettres qu’ils représentent, on obtient :

2h-y~{5-~{§2-5~2h-~@[&<~c[:94~bu2~:~4+-{5~2h-y~+[9’2~@-
2~2h-\.~:’&&~25y~2[~@[~b{c1~2[~2h-~4h:3~{9<~&[c1~\y~\-
2{9{&y4-5~{9<~2h:4~\-\[2-}~{+{y~:94:<-.~2h-9~:’&&~h:<-
~:9~2h-~bu4h-4~u92:&~<-3{52u5-~2:\-
~2[\[55[+~9:@h2~{9<~25y~2[~8u\3~[9~b[{5<~8u42~b-§[5-~2{1-
[§§.~:§~:~<[~9[2~4ucc--<~4-9<~{9[2h-5~4h:3~[9-~<{y~2[~3:c1~\-
~u3.~:~h{>-~h:<<-9~2h-~@[&<~c[:94~:9~2h-~+[[<4~[§~ch{9<-
&{:4,~b-2+--9~2h-~5[[24~[§~{9~[&<~{9<~{&5-{<y~h{&§~5[22-
9~25--.~2h:4~25--~42{9<4~[9~2h-~5:@h2~h{9<~4:<-
~[§~{~3{2h+{y~&-{<:9@~§5[\~2h-~c{55-§[u5~<u~5[:~5-9-
~2[~2h-~c{55-§[u5~9{3[&-[9,~{~§-+~42-34~{+{y~§5[\~2h-~c{55-
§[u5~<u~5[:~5-9-.~y[u~c{9’2~\:44~:2.~2h-5-
~:4~{~\[5[9~{\[9@42~y[u~{9<~:§~:~{\~42uc1~h-5-~:2’4~b-c{u4-
~[§~h:\.~Chubby.

Afin de faciliter la lecture, il faut isoler les mots en remplaçant le signe « ~ » par un espace blanc. On obtient alors :

2h-y {5- {§2-5 2h- @[&< c[:94 bu2 : 4+-{5 2h-y +[9’2 @-2
2h-\. :’&& 25y 2[ @[ b{c1 2[ 2h- 4h:3 {9< &[c1 \y \-
2{9{&y4-5 {9< 2h:4 \-\[2-} {+{y :94:<-. 2h-9 :’&& h:<- :9 2h-
bu4h-4 u92:& <-3{52u5- 2:\- 2[\[55[+ 9:@h2 {9< 25y 2[ 8u\3
[9 b[{5< 8u42 b-§[5- 2{1-[§§. :§ : <[ 9[2 4ucc--< 4-9< {9[2h-
5 4h:3 [9- <{y 2[ 3:c1 \- u3. : h{>- h:<<-9 2h- @[&< c[:94 :9
2h- +[[<4 [§ ch{9<-&{:4, b-2+--9 2h- 5[[24 [§ {9 [&< {9<
{&5-{<y h{&§ 5[22-9 25--. 2h:4 25-- 42{9<4 [9 2h- 5:@h2
h{9< 4:<- [§ { 3{2h+{y &-{<:9@ §5[\ 2h- c{55-§[u5 <u 5[: 5-
9- 2[ 2h- c{55-§[u5 9{3[&-[9, { §-+ 42-34 {+{y §5[\ 2h- c{55-
§[u5 <u 5[: 5-9-. y[u c{9’2 \:44 :2. 2h-5- :4 { \[5[9 {\[9@42
y[u {9< :§ : {\ 42uc1 h-5- :2’4 b-c{u4- [§ h:\. Chubby.

Sachant ensuite que le caractère le plus commun en anglais est le « e », il faut isoler le signe le plus fréquemment utilisé dans le texte. C’est le signe « - ». Après avoir remplacé tous les « - » par des « e », voici le résultat :

2hey {5e {§2e5 2he @[&< c[:94 bu2 : 4+e{5 2hey +[9’2 @e2
2he\. :’&& 25y 2[ @[ b{c1 2[ 2he 4h:3 {9< &[c1 \y
\e2{9{&y4e5 {9< 2h:4 \e\[2e} {+{y :94:<e. 2he9 :’&& h:<e :9
2he bu4he4 u92:& <e3{52u5e 2:\e 2[\[55[+ 9:@h2 {9< 25y 2[
8u\3 [9 b[{5< 8u42 be§[5e 2{1e[§§. :§ : <[ 9[2 4uccee< 4e9<
{9[2he5 4h:3 [9e <{y 2[ 3:c1 \e u3. : h{>e h:<<e9 2he @[&<
c[:94 :9 2he +[[<4 [§ ch{9<e&{:4, be2+ee9 2he 5[[24 [§ {9
[&< {9< {&5e{<y h{&§ 5[22e9 25ee. 2h:4 25ee 42{9<4 [9
2he 5:@h2 h{9< 4:<e [§ { 3{2h+{y &e{<:9@ §5[\ 2he
c{55e§[u5 <u 5[: 5e9e 2[ 2he c{55e§[u5 9{3[&e[9, { §e+
42e34 {+{y §5[\ 2he c{55e§[u5 <u 5[: 5e9e. y[u c{9’2 \:44 :2.
2he5e :4 { \[5[9 {\[9@42 y[u {9< :§ : {\ 42uc1 he5e :2’4
bec{u4e [§ h:\. Chubby.

On remarque alors deux choses : dans la phrase précédant la signature « Chubby », on trouve le mot « y[u ». Partant, on peut déduire que ce mot signifie « you », et que le signe « [ » représente un « o ». Pareillement, au début du texte, le mot « 2hey » ne peut logiquement signifier que « they » : dans ce cas, « 2 » vaut « t ». En effectuant le remplacement, on obtient :

They {5e {§te5 the @o&< co:94 but : 4+e{5 they +o9’t @et
the\. :’&& t5y to @o b{c1 to the 4h:3 {9< &oc1 \y
\et{9{&y4e5 {9< th:4 \e\ote} {+{y :94:<e. the9 :’&& h:<e :9
the bu4he4 u9t:& <e3{5tu5e t:\e to\o55o+ 9:@ht {9< t5y to
8u\3 o9 bo{5< 8u4t be§o5e t{1eo§§. :§ : <o 9ot 4uccee< 4e9<
{9othe5 4h:3 o9e <{y to 3:c1 \e u3. : h{>e h:<<e9 the @o&<
co:94 :9 the +oo<4 o§ ch{9<e&{:4, bet+ee9 the 5oot4 o§ {9
o&< {9< {&5e{<y h{&§ 5otte9 t5ee. th:4 t5ee 4t{9<4 o9 the
5:@ht h{9< 4:<e o§ { 3{th+{y &e{<:9@ §5o\ the c{55e§ou5
<u 5o: 5e9e to the c{55e§ou5 9{3o&eo9, { §e+ 4te34 {+{y
§5o\ the c{55e§ou5 <u 5o: 5e9e. You c{9’t \:44 :t. the5e :4 {
\o5o9 {\o9@4t you {9< :§ : {\ 4tuc1 he5e :t’4 bec{u4e o§ h:\.
Chubby.

On remarque ensuite que le signe « : » se trouve isolé à plusieurs reprises dans ce texte. Grandes sont les chances, dès lors, pour qu’il s’agisse soit de l’article « a » (pour « un » ou « une »), soit du pronom personnel « I » (pour « je »). En optant pour le « i » et en effectuant le remplacement, on obtient des « I » majuscules isolés et des « i » minuscules dans les mots, avec le résultat suivant :

They {5e {§te5 the @o&< coi94 but I 4+e{5 they +o9’t @et
the\. I’&& t5y to @o b{c1 to the 4hi3 {9< &oc1 \y
\et{9{&y4e5 {9< thi4 \e\ote} {+{y i94i<e. the9 I’&& hi<e i9
the bu4he4 u9ti& <e3{5tu5e ti\e to\o55o+ 9i@ht {9< t5y to
8u\3 o9 bo{5< 8u4t be§o5e t{1eo§§. I§ I <o 9ot 4uccee< 4e9<
{9othe5 4hi3 o9e <{y to 3ic1 \e u3. I h{>e hi<<e9 the @o&<
coi94 i9 the +oo<4 o§ ch{9<e&{i4, bet+ee9 the 5oot4 o§ {9
o&< {9< {&5e{<y h{&§ 5otte9 t5ee. thi4 t5ee 4t{9<4 o9 the
5i@ht h{9< 4i<e o§ { 3{th+{y &e{<i9@ §5o\ the c{55e§ou5
<u 5oi 5e9e to the c{55e§ou5 9{3o&eo9, { §e+ 4te34 {+{y
§5o\ the c{55e§ou5 <u 5oi 5e9e. You c{9’t \i44 it. the5e i4 {
\o5o9 {\o9@4t you {9< i§ I {\ 4tuc1 he5e it’4 bec{u4e o§ hi\.
Chubby.

Dès cet instant, on commence à pouvoir reconnaître visuellement certains mots, et il est possible de remplacer naturellement les signes utilisés par les lettres correctes. Par exemple, le mot « 4uccee< » (réussir), qui laisse supposer que « 4 » = « s » et « < » = « d ». Ce qui donne :

They {5e {§te5 the @o&d coi9s but I s+e{5 they +o9’t @et
the\. I’&& t5y to @o b{c1 to the shi3 {9d &oc1 \y
\et{9{&yse5 {9d this \e\ote} {+{y i9side. the9 I’&& hide i9 the
bushes u9ti& de3{5tu5e ti\e to\o55o+ 9i@ht {9d t5y to 8u\3 o9
bo{5d 8ust be§o5e t{1eo§§. I§ I do 9ot succeed se9d {9othe5
shi3 o9e d{y to 3ic1 \e u3. I h{>e hidde9 the @o&d coi9s i9
the +oods o§ ch{9de&{is, bet+ee9 the 5oots o§ {9 o&d {9d
{&5e{dy h{&§ 5otte9 t5ee. This t5ee st{9ds o9 the 5i@ht h{9d
side o§ { 3{th+{y &e{di9@ §5o\ the c{55e§ou5 du 5oi 5e9e
to the c{55e§ou5 9{3o&eo9, { §e+ ste3s {+{y §5o\ the
c{55e§ou5 du 5oi 5e9e. You c{9’t \iss it. the5e is { \o5o9
{\o9@st you {9d i§ I {\ stuc1 he5e it’s bec{use o§ hi\.
Chubby.

Au début du texte, on trouve les mots « @o&d coi9s », ce qui signifie certainement « gold coins ». Après remplacement des « @ » par des « g », des « & » par des « l » et des « 9 » par des « n », on obtient :

They {5e {§te5 the gold coins but I s+e{5 they +on’t get the\.
I’ll t5y to go b{c1 to the shi3 {nd loc1 \y \et{n{lyse5 {nd this
\e\ote} {+{y inside. Then I’ll hide in the bushes until
de3{5tu5e ti\e to\o55o+ night {nd t5y to 8u\3 on bo{5d 8ust
be§o5e t{1eo§§. I§ I do not succeed send {nothe5 shi3 one
d{y to 3ic1 \e u3. I h{>e hidden the gold coins in the +oods
o§ ch{ndel{is, bet+een the 5oots o§ {n old {nd {l5e{dy h{l§
5otten t5ee. This t5ee st{nds on the 5ight h{nd side o§ {
3{th+{y le{ding §5o\ the c{55e§ou5 du 5oi 5ene to the
c{55e§ou5 n{3oleon, { §e+ ste3s {+{y §5o\ the c{55e§ou5 du
5oi 5ene. You c{n’t \iss it. the5e is { \o5on {\ongst you {nd
i§ I {\ stuc1 he5e it’s bec{use o§ hi\. Chubby.

Après avoir remplacé les « \ » par des « m » (suggéré, vers la fin du texte par le mot « {\ongst ») ; les « { » par des « a » et les « 5 » par des « r » (grâce, par exemple, au mot « {nothe5 »), on obtient :

They are a§ter the gold coins but I s+ear they +on’t get them.
I’ll try to go bac1 to the shi3 and loc1 my metanalyser and
this memote} a+ay inside. Then I’ll hide in the bushes until
de3arture time tomorro+ night and try to 8um3 on board 8ust
be§ore ta1eo§§. I§ I do not succeed send another shi3 one day
to 3ic1 me u3. I ha>e hidden the gold coins in the +oods o§
Chandelais, bet+een the roots o§ an old and already hal§ rotten
tree. This tree stands on the right hand side o§ a 3ath+ay
leading §rom the carre§our du Roi Rene to the carre§our
Na3oleon, a §e+ ste3s a+ay §rom the carre§our du Roi Rene.
You can’t miss it. There is a moron amongst you and i§ I am
stuc1 here it’s because o§ him. Chubby.

Le reste devient très simple. Après avoir remplacé « § » par « f », « + » par « w », « 1 » par « k », « 3 » par « p », « } » par « x », « 8 » par « j » et « > » par « v », le texte est complet :

They are after the gold coins but I swear they won’t get them. I’ll try
to go back to the ship and lock my metanalyser and this memotex
away inside. Then I’ll hide in the bushes until departure time
tomorrow night and try to jump on board just before takeoff. If I do
not succeed send another ship one day to pick me up. I have hidden
the gold coins in the woods of Chandelais, between the roots of an
old and already half rotten tree. This tree stands on the right hand
side of a pathway leading from the carrefour du roi Rene to the
carrefour Napoleon, a few steps away from the carrefour du Roi
Rene. You can’t miss it. There is a moron amongst you and if I am
stuck here it’s because of him. Chubby.

Traduction :

Ce qu’ils veulent, ce sont les pièces d’or, mais je jure qu’ils ne les auront pas. Je vais essayer de retourner à la capsule pour y enfermer le métanalyseur et ce mémotex. Puis j’irai me cacher dans les fourrés jusqu’à l’heure du retour, la nuit prochaine, et je tâcherai de sauter à bord juste avant le rappel de la capsule. Si j’échoue, envoyez-moi une autre capsule un jour. J’ai caché les pièces dans la forêt de Chandelais, entre les racines d’un vieil arbre déjà à moitié pourri. Cet arbre se trouve sur le côté droit du chemin allant du carrefour du Roi René au carrefour Napoléon, à quelques pas du carrefour du Roi René. Vous ne pouvez pas le manquer. Il y a un crétin parmi vous, et c’est à cause de lui que je suis bloqué ici. Chubby.

Le «crétin» est bien sûr la personne qui a choisi de remettre à Galliano, pour une expédition à destination de l’an 1825 (soit sous le règne de Charles X), des pièces émises 36 ans plus tard, sous le Second Empire.

L’arbre : considérant qu’au XIXème siècle le végétal était déjà « vieux et à moitié pourri » (ce que révèle le message), il était normal qu’au XXème il ne subsistât qu’une simple souche. Le trésor se trouvait entre les racines de cette souche, laquelle était renversée et couchée sur le côté.



Panneau situé au carrefour du roi René



Vue aérienne du chemin allant du carrefour
du Roi René au carrefour Napoléon



"Spot" sur carte IGN 1622E
Forêt domaniale de Chandelais

Certaines informations sont issues des archives MSN de Monglane : http://monglane.a2co.org/archives_chasses_msn_futur.htm


La dernière chasse MSN intitulée "Le Défi" est en projet ici => KICKSTARTER

Une chance sans doute pour les chercheurs de la chouette d'or d'en savoir un peu plus sur les méthodes de cryptage de Max Valentin à moins de 3 jours de la fin du projet qui n'a pas encore abouti.


Toutes les chasses MSN :

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dimanche 9 octobre 2016

UNE HISTOIRE D’ HISTOIRE

Cette troisième chasse MSN de Max Valentin fut mise en ligne en avril 1997, après la découverte de La Bourse de Saintoyand.



Pour cette chasse :

une fiction :





Source image : Guillaume Leroyer


un classeur de définitions :


1. La fiction

Vingt ans après avoir reçu un avertissement et écopé de quatre heures de colle pour avoir cité dans un devoir d’histoire, par provocation, la phrase de Descartes « Lorsqu’on est trop curieux des choses qui se pratiquaient aux siècles passés, on demeure ordinairement fort ignorant de celles qui se pratiquent en celui-ci ! », j’ai été prié l’autre jour de rendre visite à mon ancienne prof d’histoire-géo. C’est une dame pleine d’énergie, aujourd’hui à la retraite, mais qui a gardé intact son légendaire —et redoutable— franc-parler.
Je passai la voir en rentrant de mon travail. Presque sans préambule, abrupte comme jadis, elle me tendit un classeur contenant de courtes phrases sybillines composant une énigme. Ayant appris —Dieu sait comment— que je travaillais chez MSN, elle me demanda de les diffuser par tout moyen susceptible de toucher le plus grand nombre. À la clé de cette énigme, m’assura-t-elle, il y avait soixante pièces d’or pour celui ou celle qui les décrypterait. Je me souvins à temps qu’elle ne plaisantait jamais, et je la crus.

— Mais pourquoi faites-vous cela ? demandai-je, tout de même interloqué.

— Lorsque Dieu a distribué la jugeote, mon garçon, tu devais être aux toilettes ! Tu as pris de la bedaine et perdu quelques cheveux, mais tu es toujours aussi borné !...
J’esquissai un sourire. Décidément, elle n’avait pas changé ! Elle poursuivit :

— L’histoire, c’est la mémoire des peuples. Je suis persuadée qui si nous voulons comprendre qui nous sommes, nous devons découvrir avec quels outils nous avons été forgés. Pendant toute ma vie, j’ai essayé d’inculquer cela à des générations de mauvais sujets dans ton genre. Aujourd’hui je suis à la retraite, mais je me tiens parfaitement informée des moyens de communication et d’échanges modernes. Alors ne t’avise pas de me considérer comme une vieille carne : non seulement je me connecte sur le web, mais j’y dialogue tous les jours avec des historiens du monde entier !
J’ouvris de grands yeux ronds, mais elle ne me laissa pas le temps de marquer davantage mon étonnement.

— Et voilà qui règle son compte à Descartes, n’est-ce pas ! fit-elle avec un sourire entendu qui prouvait qu’elle n’avait rien oublié. « Bref, en souvenir et par affection pour les cancres qui ont usé leur fond de culotte dans ma salle de classe, j’ai imaginé ce petit défi afin qu’ils méritent par l’effort ce qu’ils pouvaient obtenir de moi par commodité. Mais cet argent aura été bien dépensé si, à l’occasion de leurs recherches, ils redécouvrent deux ou trois petites choses susceptibles de stimuler leur intellect lénifié par la télé, les charentaises et la blanquette de veau !
M’efforçant de garder mon sérieux, je demandai :

— Et ces pièces d’or, où sont-elles ?
Au poids du regard qu’elle leva sur moi, je compris que je venais de proférer une incongruité.

— Dis donc, mon garçon, j’ai pris de l’âge mais je ne suis pas encore sénile : je les ai enterrées, bien sûr ! Qu’est-ce que tu crois ?... Tu es peut-être marié et père de famille, mais si on écrivait « simplet » sur ta boîte aux lettres, rassure-toi, tu continuerais à recevoir ton courrier !

— Bon, bon ! dis-je en éclatant d’un rire qui dissimulait mal une gêne bien réelle. Je n’avais pas voulu lui extorquer ce renseignement par intérêt, et j’étais presque mortifié que cette pensée pût l’effleurer. J’enchaîna rapidement en secouant le classeur :

— Vous voulez que je rende ça public, sous la forme d’un jeu de sagacité ?...

— Tout juste ! Ces notes contiennent une énigme en deux parties : tu diffuseras la première, et tu demanderas à ceux qui l’auront résolue de taper la réponse sur le clavier de leur ordinateur. Si cette réponse est la bonne (allez, je te le dis : c’est le nom d’une commune de France), leur écran affichera la deuxième partie de l’énigme, celle qui indique la localisation exacte du trésor.

— Attendez... Qui peut empêcher un petit malin de charger dans son ordinateur l’annuaire des trente-six mille communes de France et de les injecter automatiquement dans le module de réponse du système, jusqu’au moment où la machine reconnaîtra la bonne solution ? Techniquement, c’est un jeu d’enfant...

— La réponse à cette question se trouve là-dedans, répondit-elle en tapotant de l’index sur le classeur. Ne te fais aucun souci, tout est prévu. Ce dossier contient également des indices supplémentaires que tu pourras diffuser régulièrement pour aider ceux qui auraient oublié leurs cours... et leurs profs d’histoire-géo ! Lis tranquillement ces feuillets, mon garçon. Et puis... au travail !

Chère Mademoiselle, vos désirs sont des ordres : voici vos énigmes en ligne sur MSN. Je suis ravi de pouvoir vous faire plaisir, car je vous dois bien ça. Votre truculence, vos coups de gueule, vos formules à l’emporte-pièce et votre façon de raconter, rouge de colère, l’assassinat de Marie-Antoinette, m’ont donné la passion de l’histoire. Ça, vous ne le saviez pas. Peut-être aurais-je dû vous le dire afin que vous m’en fassiez le compliment sous la forme d’une de ces réprimandes bourrues dont vous avez le secret, et pours lesquelles, aujourd’hui, j’éprouve une vraie nostalgie !

Avec tout mon dévouement, et ma sincère admiration.


2. Les définitions du classeur et leurs solutions :



Indice
Jour
Mois
Année
Événement
Naissance d’une jeune fille qui, un jour, avouera avoir dansé autour du beau May.
6
1
1412
Naissance de Jeanne d’Arc qui, lors du procès de Rouen, avouera avoir observé dans son enfance la coutume paysanne (d’inspiration païenne) de « l’Arbre de Mai »
Jour de gloire ! Mais l’ex- « Madame Claude » est absente de la fête.
25
1
1515
Couronnement de François Ier en l’absence de la reine, Claude de France
Disparition du grand argentier qui n’a jamais renié sa foi, promoteur des joies de la ferme !
22
12
1641
Mort de Sully
Les États-Généraux changent de nom.
9
7
1789
Proclamation de l’Assemblée Constituante
L’Église transformée en papiers.
19
12
1789
Création des assignats gagés sur les biens du clergé
Chose faite, il part, la tête entre les jambes, pour s’arrêter face au 57 de la rtue d’Anjou.
21
1
1793
Décapitation de Louis XVI
Elle revoit le soleil et sera troquée contre le responsable de ses malheurs.
18
12
1795
Échange de Marie-Thérèse, fille de Louis XVI, contre des prisonniers de guerre
C’est le 1er nivôse de l’an VIII : Bonaparte fait du Moniteur son organe de propagande officiel.
27
12
1799
Le Moniteur, ancêtre du Journal Officiel.
Brave jusqu’au bout, le Brave des Braves !
7
12
1815
Mort du maréchal Ney
Son alliance avec la sellerie, la lampe et la droguerie s’achève en boucherie.
25
7
1835
Attentat de Fieschi contre Louis-Philippe
Il offre sa reddition et un cadeau.
23
12
1847
Prise de la smala d’Abd-el-Kader, qui offre un cheval au duc d’Aumale
Avec 74,2 % des voix.
10
12
1848
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la Présidence de la République
Ce qui prouve qu’aller au spectacle peut être dangereux !
14
1
1858
Attentat d’Orsini contre Napoléon III
Empereur du Reich made in France.
18
1
1871
Guillaume Ier couronné à Versailles
Remise d’une menace conjointe, soixante-quatorze ans avant la crise de Suez.
7
1
1882
Ultimatum franco-anglais à l’Égypte
Son évolution personnelle s’achève. Il repose dans une abbaye anglaise.
19
4
1882
Mort de Darwin, enterré à Westminster
Somme toute, l’âne a été élu !
3
12
1887
Élection de Said-Carnot (Clemenceau : « Votons pour le plus bête ! »)
Arrivée tête en bas du vainqueur de cette course, avec trente-cinq jours d’avance sur son infortuné challenger.
14
12
1911
Conquête du pôle Sud par Amundsen devançant Peary
Horreur : ça sent le chlore...
22
4
1915
Première utilisation des armes chimiques
Conçu deux ans et deux jours auparavant, naissance du dernier enfant du vingt-huitième Président américain.
10
1
1920
Création de la SDN à l’initiative de Woodrow Wilson
Début d’un scandale qui rebondira six jours plus tard en Haute-Savoie.
3
1
1933
Affaire Stavisky
Début d’un règne sacrifié sur l’autel de l’amour.
20
1
1936
Couronnement d’Édouard VIII, qui abdiquera pour épouser Wallis Simpson
Passé par les armes quatre ans, un mois et deux jours après avoir été ministre.
7
7
1944
Exécution de Georges Mandel, ministre de la Guerre jusqu’au 5 juin 1940
Big bang.
16
7
1945
Première explosoion nucléaire à Los Alamos
 
 
 
3. Deuxième partie de l’énigme et solution :
 
Le nom de Descartes, apparaissant deux fois dans la fiction, devait ramener le chercheur vers le concept plus mathématique de répère cartésien puisque chacun des 24 événements, grâce à son quantième et au numéro du mois, déterminait une abscisse et une ordonnée.

Le fait d'avoir neuf fois le mois de janvier et décembre (1 et 12 ), 4 fois le mois de juillet ( 7 ) et deux fois le mois d'avril ( 4 ) incitait aussi à le faire sous cette forme.




Il n’y avait plus ensuite qu’à relier ensemble les points ainsi dessinés pour voir apparaître le nom de la commune finale :
 
 
 
 
 
 
 
 
Une fois « LE MUY » saisi dans la machine logique, celle-ci nous renvoyait le crypto suivant :
 
ECOPAVICTORS ELUCIDASLACUM VEAGNUMSCLCAVUELIESURES ARAEL EX FROCE
 

Reclassement dans l'ordre ( des jours ) :

Indice
Jour
Mois
Année
Événement
Somme toute, l’âne a été élu !
3
12
1887
Élection de Said-Carnot (Clemenceau : « Votons pour le plus bête ! »)
Début d’un scandale qui rebondira six jours plus tard en Haute-Savoie.
3
1
1933
Affaire Stavisky
Naissance d’une jeune fille qui, un jour, avouera avoir dansé autour du beau May.
6
1
1412
Naissance de Jeanne d’Arc qui, lors du procès de Rouen, avouera avoir observé dans son enfance la coutume paysanne (d’inspiration païenne) de « l’Arbre de Mai »
Remise d’une menace conjointe, soixante-quatorze ans avant la crise de Suez.
7
1
1882
Ultimatum franco-anglais à l’Égypte
Passé par les armes quatre ans, un mois et deux jours après avoir été ministre.
7
7
1944
Exécution de Georges Mandel, ministre de la Guerre jusqu’au 5 juin 1940
Brave jusqu’au bout, le Brave des Braves !
7
12
1815
Mort du maréchal Ney
Les États-Généraux changent de nom.
9
7
1789
Proclamation de l’Assemblée Constituante
Conçu deux ans et deux jours auparavant, naissance du dernier enfant du vingt-huitième Président américain.
10
1
1920
Création de la SDN à l’initiative de Woodrow Wilson
Avec 74,2 % des voix.
10
12
1848
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la Présidence de la République
Ce qui prouve qu’aller au spectacle peut être dangereux !
14
1
1858
Attentat d’Orsini contre Napoléon III
Arrivée tête en bas du vainqueur de cette course, avec trente-cinq jours d’avance sur son infortuné challenger.
14
12
1911
Conquête du pôle Sud par Amundsen devançant Peary
Big bang.
16
7
1945
Première explosoion nucléaire à Los Alamos
Elle revoit le soleil et sera troquée contre le responsable de ses malheurs.
18
12
1795
Échange de Marie-Thérèse, fille de Louis XVI, contre des prisonniers de guerre
Empereur du Reich made in France.
18
1
1871
Guillaume Ier couronné à Versailles
L’Église transformée en papiers.
19
12
1789
Création des assignats gagés sur les biens du clergé
Son évolution personnelle s’achève. Il repose dans une abbaye anglaise.
19
4
1882
Mort de Darwin, enterré à Westminster
Début d’un règne sacrifié sur l’autel de l’amour.
20
1
1936
Couronnement d’Édouard VIII, qui abdiquera pour épouser Wallis Simpson
Chose faite, il part, la tête entre les jambes, pour s’arrêter face au 57 de la rtue d’Anjou.
21
1
1793
Décapitation de Louis XVI
Horreur : ça sent le chlore...
22
4
1915
Première utilisation des armes chimiques
Disparition du grand argentier qui n’a jamais renié sa foi, promoteur des joies de la ferme !
22
12
1641
Mort de Sully
Il offre sa reddition et un cadeau.
23
12
1847
Prise de la smala d’Abd-el-Kader, qui offre un cheval au duc d’Aumale
Son alliance avec la sellerie, la lampe et la droguerie s’achève en boucherie.
25
7
1835
Attentat de Fieschi contre Louis-Philippe
Jour de gloire ! Mais l’ex- « Madame Claude » est absente de la fête.
25
1
1515
Couronnement de François Ier en l’absence de la reine, Claude de France
C’est le 1er nivôse de l’an VIII : Bonaparte fait du Moniteur son organe de propagande officiel.
27
12
1799
Le Moniteur, ancêtre du Journal Officiel.

 
4. Résolution du crypto final :
 
Seules les années, trouvées dans l’étape précédente n'avaient pas encore été utilisées.

Ce cryptage avait été conçu de la manière suivante :

1 - addition de toutes les années trouvées. Total : 43 762.

 2 - transcription de ce nombre en code morse, soit :
4 :    . . . . _
 3 :    . . . _ _
 7 :    _ _ . . .
 6 :    _ . . . .
 2 :    . . _ _ _
 
3 - réunion de ces signes sur une seule ligne, soit :
 . . . . _ . . . _ _ _ _ . . . _ . . . . . . _ _ _
 
4 - affectation d'une concordance alphabétique à chacun de ces 25 signes, de A à Y :

     .   .   .    .   _   .   .    .  _  _  _  _    .    .   .   _   .    .   .     .   .   .   _   _  _
    A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S   T  U  V  W  X  Y

5 - Chaque lettre de la phrase « TERRES GASTES RESERVOIR 3M EST » avait d’abord été transcrite en code morse international (le T par exemple valant 1 trait), puis les signes obtenus avaient été traduits en valeurs alphabétiques choisies dans la liste ci-dessus : le trait = E. Par ce système, le T de « terres » devenait donc un E, 

Ce cryptage formait les mots sibyllins :

ECOPAVICTORS * ELUCIDASLACUM * VEAFNUMSCLCAVUELIESURES * ARAEL * EX * FROCE.

Pour recomposer la phrase permettant de trouver le site final, il fallait donc refaire toute cette procédure à l’envers.


Sans séparation entre les groupes de lettres correspondant aux groupes de points et de traits du code morse, il était assez difficile de recomposer correctement les mots, puisqu’il était possible de combiner ces signes morse de manière erronée.

 Par exemple, en codant en morse les trois premières lettres du premier mot (soit « ECO »), on obtient « __ . . __ . . __ . », ce qui peut tout aussi bien se transcrire ensuite par « NAITE » ou « DNR » ou encore « TUEETE » si on ne connaît pas la façon dont il faut tenir compte des points et des traits...


Dans ces conditions, trouver « TERRES GASTES RESERVOIR 3M EST » exigeait énormément de tâtonnements stériles. C'est pourquoi un indice supplémentaire concernant le groupage des lettres avait été donné en fin de jeu :
 
            1, 1, 3, 3, 1, 3 * 3, 2, 3, 1, 1, 3, * 3, 1, 3, 1, 3, 4, 3, 2, 3 * 5 * 2 * 1, 3, 1. 
 
Grâce à cette indication, il était alors possible de séparer correctement les caractères des mots

« ECOPAVICTORS | ELUCIDASLACUM | VEAFNUMSCLCAVUELIESURES | ARAEL | EX | FROCE » :

À partir de là, il devenait aisé de recomposer correctement les signes morse correspondants et les décrypter pour trouver :


« E=__, C= . , OPA= . __ . , VIC=. __ ., T=., ORS=...  | ELU=  __ __ ., CI=. __ , DAS=..., L= __ , A= ., CUM=...  | VEA= . __ ., F= ., NUM= ..., S= ., CLC= . __ ., AVUE=...__, LIE=__ __ __, SU=.., RES=. __ . | ARAEL= ...__ __ | EX=__ __  | F=., ROC=..., E=__ ».


Une fois décryptée, cette phrase énigmatique localisait la cache ainsi :

« TERRES GASTES RESERVOIR 3M EST ».


 
 La contremarque était enterrée à 3 mètres à l’Est du réservoir, au lieu-dit Les Terres Gastes, sur la commune de Le Muy.
 
5. Les indications supplémentaires :
 
Elles sont parues onze groupes de trois, et dans le bon ordre des énigmes, dont elles permettaient ainsi le reclassement si l’on n’avait pas compris la méthode des quantièmes du mois.

Le reclassement des jours était au passage inutile et une perte de temps car il était aussi logique ( pour un chercheur de la chouette d'or en tout cas ;o) de relier le 23 et le 4 de la barre centrale du "E" ( donnés grâce à l'ordre du classeur ) que le 5 et le 8 une fois les énigmes remises dans l'ordre !

Les trois derniers groupes d’I.S. constituaient, selon Max Valentin, « des aides très précises au décryptage » ; le dixième groupe incluait d'ailleurs l’I.S. rappelée en jaune ci-dessus, qui permettait un groupage correct et rapide des points et des traits du morse.
 
 
 6. Sur la carte IGN 3544 OT :

Carte de IGN de 1994 :
Localisation de la commune de Le Muy
et de la forêt domaniale de Terres Gastes


Carte IGN de 2015 :
Localisation du réservoir dans la forêt des Terres Gastes
( La forêt domaniale est de nos jours nommée "Canton des Terres Gastes" )



7. Vue aérienne du réservoir :



Vue aérienne du réservoir


Certaines informations sont issues des archives MSN de Monglane : http://monglane.a2co.org/archives_chasses_msn_histoire_d_histoire.htm
 
 
 La dernière chasse MSN intitulée "Le Défi" est en projet ici => KICKSTARTER

Une chance sans doute pour les chercheurs de la chouette d'or d'en savoir un peu plus sur les méthodes de cryptage de Max Valentin.


Toutes les chasses MSN :

| Le Testament de Florence B. | La Bourse de Saintoyand| Un Trésor venu du futur| Le Défi |

 
 
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